voyager ici

Lycée P.Forest de Maubeuge.
Secondes et Premières, option cinéma.

(BILAN INTERMÉDIAIRE)

Nous travaillons ensemble la notion et la pratique de l'immersion à travers un thème commun aux deux classes : « Voyager ici ». Ces deux mots, associés, permettent d'ouvrir un éventail assez large de questionnements : le réel et la fiction, le lointain et le proche, l'intime et l'extérieur à soi, l'imaginaire, le document.

À l'issue d'une première séance rythmée par des exercices précis (voyager en soi, voyager dans le bâtiment, voyager dans le lycée), les élèves ont été en mesure de dire sur quel sujet ils voulaient travailler, chacun ou bien par petits groupes.

Ils se sont tout de suite appropriés le sujet, en y englobant les notions de point de vue, de documentaire, de narration très construite ou de récit plus lâche, d'autoportrait. Ils voient souvent les choses en grand - films, performances, installations, dessins animés. Je les encourage à passer très vite à l'action pour se rendre compte par eux-mêmes de ce qui ne marche pas, de ce qu'ils rencontrent comme obstacles.
Nous essayons de travailler avec l'idée qu'il n'y aurait pas d'erreur possible, mais simplement des errances, des détours, qui comptent pour l'évolution du travail.
Je leur demande d'amener des images, des dessins, des maquettes (tout ce qui témoigne de leur pensée en cours) pour que nous puissions avoir une base de discussion et pour que nous puissions voir comment le travail avance ou n'avance pas - importance du processus. La simplicité est généralement la chose la plus difficile, mais il me semble qu'elle sera plus évidente si elle est éprouvée, alors je les laisse découvrir par eux-mêmes ce qui est trop compliqué, trop tarabiscoté, dans leurs projets.

Je les sens formés à un type de raisonnement, sûrement le résultat de toutes ces années d'école, qui fait qu'il leur est difficile de s'investir, de s'emparer de leurs propres pensées (surtout pour les secondes). Je sais que c'est difficile de se défaire de cette relation où l'on se règle sur l'attente (et l'évaluation) de l'enseignant, mais les petits moments où ils sentent que d'autres manières de penser et d'agir sont possible, il se passe comme un petit enchantement : il savent tout à coup prendre possession d'eux-mêmes et de leur propre pensée dans un engagement artistique certain. C'est cependant assez difficile, dans le travail en équipe, de savoir comment communiquer à l'autre ce que chacun à dans la tête – ils apprennent aussi ça. C'est un plaisir de travailler avec eux, ils sont bourrés d'idées et d'enthousiasmes.