Ma pratique artistique se construit en relation à des lieux, aux usagers de ces lieux, aux histoires (individuelles, collectives) qui fondent et modifient ces lieux. La réalité, que nous percevons par nos sens, que nous faisons exister par notre expérience, que nous organisons par notre pensée et modifions par nos actes, est un tissage complexe, sédimenté, d’éléments visibles et d’éléments invisibles.

 

Je travaille à partir d’entretiens (que je retranscris toujours au plus près de l’oralité de mes interlocuteurs) et d’observations faites sur le terrain (des textes, des photographies, des dessins). Ces documents collectés constituent une matière première depuis laquelle je cherche à faire émerger des formes : les livres, les wall-drawing, les dispositifs participatifs, les performances que je fabrique sont autant de tentatives pour représenter d’inextricables ensembles sur le mode de la cartographie. Cela tient du récit choral et de l’arborescence, du document et de la fiction ; j’y inclus ma voix tout autant que celle des autres ; je m’attache à faire apparaître les chemins entre les choses, fussent-elles apparemment séparées ou sans relation ; je mélange les éléments issus d’une observation rigoureuse de la réalité aux inventions de l’imaginaire.